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Tourisme et culture

Aquarelles de Jean Pattou

DU HAUT DE NOS BEFFROIS

du 17 février au 16 septembre 2018

Vous avez tous déjà admiré la superbe fresque en attendant le métro à la station Lille-Europe. Mais saviez-vous qu’elle était l’oeuvre de Jean Pattou?
Cet artiste délicieux ne peint que des tableaux représentant des paysages urbains. Une passion qui l’a conduit à visiter le monde depuis Lille, la métropole qu’il aime tant, jusqu’à Hong Kong en passant par Barcelone, Milan ou La Valette.
Aujourd’hui il expose une collection de beffrois du Nord dans La Galerie de l’hôtel de ville de Lambersart.
Dans ce lieu lumineux où la donation Claeys rayonne et où Pierre Bonte a exposé les bustes de Marianne, Jean Pattou propose ses aquarelles « vues du ciel ». Une exposition magnifique qui vous fera découvrir un patrimoine extraordinaire protégé par l’UNESCO.

Catalogue en ligne de l'exposition :

 

Interview de M. Pattou

M. Pattou, pouvez-vous vous présenter et nous dire qui vous êtes ?

Jean Pattou :   
Je suis beaucoup de choses à la fois, et c’est d’ailleurs parfois ce que l’on me reproche, ne dit-on pas : « bon à tout, propre à rien » ? J’ai commencé comme architecte et urbaniste puisque le premier travail que j’ai fait dans le Nord, il y a maintenant plus de 40 ans, c’était le schéma directeur du Nord Pas de Calais, avec une cinquantaine de personnes. Le but à l’époque était de prévoir dans les quinze ou vingt ans à venir ce qui allait se passer, projeter peut-être le futur tunnel, le futur TGV, etc. On s’est ensuite installés mon épouse et moi en tant qu’architectes. Nous avons travaillé pendant pas mal d’années, à la fois sur des réhabilitations, entre autre sur Lambersart il y a 20-25 ans mais aussi sur du neuf ou de la réhabilitation de quartier. Je suis ensuite passé à la peinture. Trouvant le métier d’architecte un peu « sec », mon épouse a pris en charge l’équipe d’architectes et d’urbanistes et moi j’ai participé à des expositions, des vernissages d’abord dans le Nord puis en Europe.

Peindre était-il devenu une évidence ?

Jean Pattou : 
Depuis toujours c’est ce que j’aurais voulu faire, mais à une époque on ne considérait pas faire les Beaux-arts comme un métier, l’architecture à la limite. C’est donc le côté création et invention qui me plaisait dans l’architecture. Nous avons eu de très beaux projets et j’ai eu beaucoup de chance de faire des choses passionnantes mais le métier est devenu de plus en plus tendu du point de vue de l’expression, j’ai donc fait de plus en plus de peinture et moins en moins d’architecture.

Quelles sont vos influences, d’où vient votre style ?

Jean Pattou :
J’ai toujours été fasciné par les peintres d’architecture. On peut ainsi penser à Turner ou à Piranèse qui était un graveur italien du XVIIIe Siècle qui toute sa vie à Rome et à Venise a fait des relevés et des croquis des ruines romaines que l’on découvrait à l’époque. Ce sont mes parrains en quelque sorte, et puis le style s’est mis en place progressivement. Je ne peux pas cacher à travers ma peinture que j’ai été architecte, mais voilà ça s’est fait au fur et à mesure en faisant surtout ce qui me donnait envie. Pour cette succession de travaux sur les villes, les instituts français m’ont pas mal aidé. J’ai ainsi commencé à Barcelone il y a plus de trente ans, puis j’ai exposé à l’institut français de Florence, Istanbul et dans pas mal d’autres villes. C’était devenu un jeu. Ça m’amusait de découvrir une ville, la peindre et y exposer mon travail. Voilà comment s’est forgé mon style de peinture dans les villes du monde. Mais de par mon origine, je suis né dans le Nord, tout ce qui touche à Lille et à la région m’a toujours passionné. C’est le cas encore une fois avec Lambersart où j’ai noué beaucoup d’amitiés. Ainsi c’est un plaisir pour moi d’avoir préparé l’exposition sur la ville.

Concrètement, comment vous est venu l’idée de travailler sur Lambersart ?

Jean Pattou : 
Ca fait très longtemps que l’architecture des châteaux ou des magnifiques villas de Lambersart m’intéressait. Aussi j’ai eu la chance d’avoir un ami, Bernard Claeys heureusement toujours en pleine forme et qui était un réalisateur de télé, qui m’a proposé de faire des émissions sur l’architecture du Nord. Nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler ensemble. Puis, il m’a demandé de peindre sa maison, la Villa des Roses. Cela a été un point de départ de toute une série de croquis et d’images que j’ai pu faire sur la ville.

Combien d’œuvres allez-vous proposer sur Lambersart et sur les beffrois ?

Jean Pattou : 
Sur Lambersart il y en aura quatre ou cinq. Mais le thème de l’exposition c’est effectivement les beffrois du Nord selon la classification faite par l’UNESCO. Ce sera donc ici une quarantaine d’œuvres de beffrois français et belges que j’ai réalisées au cours de ces trente ans dont les dernières réalisées fin 2017. A chaque fois, pour chaque ville au cours de ces années, l’idée était de peindre la place principale et son beffroi. Pour l’exposition, j’ai fait un petit clin d’œil à Lambersart en offrant à la ville un beffroi.

Quels sont les plus emblématiques que vous proposez ?

Jean Pattou : 
C’est difficile à dire. Mais ce que j’aime ce sont les fêtes populaires et les ducasses qui égayent les « grands places ». Je citerai donc Hazebrouck, c’est le berceau de ma famille, la ville de mes grands-parents et c’est là où j’ai passé les vacances de toute mon enfance. J’ai une aussi tendresse pour Comines, où j’ai peint il y a peu, notamment pour sa double nationalité belge et française et puis je citerai d’autres villes de nos amis belges, Courtrai, Bruxelles ou Tournai où je me sens chez moi puisque la frontière n’existe pratiquement pas.

Pour les œuvres concernant Lambersart et exposées en mairie, comment avez-vous travaillé ?

Jean Pattou : 
Ca faisait un certain temps que je faisais des croquis sur Lambersart. J’ai eu le plaisir il y a longtemps de faire une peinture de la mairie, à un moment où le TGV devait passer au cœur de la ville. Je m’étais donc déjà amusé à traiter toutes les richesses de Lambersart en une seule image. Car c’est ça aussi le principe, partir des atouts d’une ville pour nous dire ce qu’elle est ! Pour les peintures d’aujourd’hui, je suis parti de ce qui fait l’attractivité de Lambersart car dans la métropole c’est une des villes les plus agréables à vivre donc j’ai imaginé de faire un concentré de tous les atouts. Ce sont évidemment ses belles maisons et ses jardins qui font sa fierté, il y a les parcs publics et j’y ai mis tous les ingrédients dans une image synthétique. On a notamment imaginé un paysage de collines pour éviter que les bâtiments ne se cachent les uns les autres et c’est tellement plus amusant d’inventer et de sortir d’une réalité, car si c’est pour ressembler à une photographie ça ne sert pas à grand-chose.

C’est aussi votre style de proposer un mélange entre la précision architecturale et l’imaginaire de la mise en scène des sites ?

Jean Pattou : 
On peut appeler ça une déformation professionnelle. Pendant longtemps je me suis astreint, dans mon métier, d’être très précis dans les plans réalisés et dans le suivi de chantier. D’ailleurs l’un des plus beaux projets artistiques qui m’a demandé la précision de l’architecte a été le projet des fresques de la gare Lille Europe. C’est d’une part un lieu formidable avec la rencontre du métro et du TGV, un lieu fort et d’autre part nous avions la possibilité de travailler les trois murs. C’est d’ailleurs la dernière fois que j’ai travaillé sérieusement avec Martine mon épouse architecte ! J’ai réalisé les aquarelles mais c’est elle qui a suivi le chantier.

Ajoutez-vous une dose d’humour dans votre travail ?

Jean Pattou : 
C’est vrai que le dessin, la peinture peuvent permettre de dire des choses qui ne sont pas l’exacte réalité. De même le dessin peut rendre service notamment pour militer. C’est ce que nous avions fait à l’époque du projet Grimonprez Jooris II à côté de la citadelle, un projet impossible. Le dessin ici permettait de montrer qu’il fallait un grand stade, c’est une évidence, mais à la bonne place et l’on voit bien avec les possibilités du stade Pierre Mauroy que nous avions raison. La France ne vient-elle pas d’y gagner la Coupe Davis ? Le dessin nous l’avons aussi utilisé pour montrer que l’on pouvait transformer l’avenue du Peuple Belge en faisant passer le canal et retrouver ce dernier tel qu’il existait. Le dessin permet de rêver et de faire avancer des projets !

Comment démarrez-vous une aquarelle ?

Jean Pattou : 
Pour tout projet, je me balade dans la ville, je fais des croquis à toute vitesse au crayon dans les rues. J’ai souvent la chance d’être guidé à chaque fois par des personnes qui me donnent des pistes. Je fais ainsi des allers retours entre la ville et l’atelier, je prends beaucoup de photos. Et si avant je m’embarquais avec de grands appareils, aujourd’hui, je prends juste mon smartphone. C’est ainsi qu’au fur et à mesure l’image prend forme. J’ai une dizaine d’étapes avant l’aquarelle définitive. Je fais des calques, ce qui me permet de voir ce que l’on est en train de faire mais aussi de voir le passé sous le calque. Quant au futur, je l’ai la dans la tête.

Comment voyez-vous l’avenir de la métropole ?

Jean Pattou : 
J’ai envie de dire, place aux jeunes ! J’ai eu le plaisir d’avoir comme premier travail à même pas trente ans la possibilité d’imaginer le schéma directeur avec des urbanistes, des sociologues et des économistes pour faire ces projets et nous étions passionnés. Aujourd’hui on retrouve d’autres personnes motivées, à eux de dicter le futur. Ce que l’on peut dire c’est que Lille est une ville délicieuse à vivre et la métropole tout autant. On a beaucoup de chance, mais il ne faut pas trop le dire pour éviter que les parisiens viennent s’y installer.

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