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Tourisme et culture

Donation Catherine et Bernard Claeys

Jacques CHÉRIGIÉ

né à Lille en 1938

Après une carrière de professeur d'arts plastiques, Chérigié décide de se consacrer totalement à la création (il sera en résidence à l’Atelier Wicar à Rome). Sa peinture, loin d'être uniquement descriptive, est engagée contre la guerre et la violence, avec parfois des citations d'histoire de l'art (ici, dans une forme de tondo, un paysage flamand dévasté par la guerre : le mont Kemmel).

Il a également créé une galerie associative : le 37, à la Chapelle-d'Armentières, qui propose régulièrement des expositions afin de faire connaître au grand public les artistes contemporains.

 

Roger FRÉZIN

Lille,1927 - Lille, 2012

Important acteur de l'Atelier de la Monnaie créé en 1957 (réunion de jeunes étudiants lillois en réaction à l'enseignement sclérosé des Beaux-Arts), Frézin passe toute sa vie à Lille-Moulins.

Il est avant tout un dessinateur; son travail porteur d'une dimension humaine est chargé d'humour, voire de dérision (ici, des prix de la Société industrielle du Nord pour les médaillés d'or).
En pratiquant à l'instar des surréalistes le collage de papiers et de tissus sur le support de la toile, il joue des effets d'épaisseur, de transparence, de trompe-l'oeil : liberté totale de ton, du geste, de l'expression. 

 

Eugène DODEIGNE

Rouvreux (Belgique),1923 - Linselles, 2015

Dodeigne a toujours travaillé la pierre, de ses débuts auprès de son père où il réalise des monuments funéraires à ses dernières oeuvres montrant une profonde connaissance du matériau. Il construit d’ailleurs lui-même sa maison.

Le fusain et la terre cuite précèdent "ce combat, cette lutte contre la matière, il faut jouer des poings". Il est hanté par la figure humaine et s'inspire du dépouillement de Giacometti et de Germaine Richier.

Le fusain et la craie lui permettent de donner intensité et vie à ce corps fantomatique; la ligne laisse la place à l'empreinte de la pierre sur le papier.

 

Claude GÉNISSON

né à Paris en 1927

Le Douaisien Claude Génisson explore le quotidien. Pour lui, l'insolite est toujours proche de la réalité (ce qui le différencie des surréalistes).

Ses études en plein air sont retravaillées en atelier afin de développer un caractère précieux et merveilleux, mais aussi effrayant, à l'instar des primitifs flamands qu'il admire profondément.
Son intérêt se porte en particulier sur des atmosphères humides, des lumières hivernales et des architectures dévastées par la nature, comme si cette figure féminine ici essayait d'accompagner le mouvement des trois troncs d'arbres. 

 

Eugène LEROY

Tourcoing,1910 - Wasquehal, 2000

Grand admirateur de la peinture de Rembrandt qu'il découvre à 15 ans, Leroy recherche inlassablement la représentation de la lumière, celle qui vient éclairer le modèle, mais aussi celle qui vient du fond, celle qui irradie sous la peau d'un visage.

C'est un long travail sans cesse renouvelé de l'enfouissement et de l'émergence du sujet : "la peinture se détache de la réalité, mais elle y retourne, car elle part toujours d'une émotion".

Sa peinture s'impose par sa présence, sa matérialité, son accumulation : ici, esquissé par des jeux d'ombre et de lumière, le visage surgit de la matière.

 

Jean PARSY

Lille,1930 - Arcueil (Val de Marne), 2015

De nature très réservée, Parsy est attiré parla peinture hollandaise du XVIIe siècle et son oeuvre est intimiste. Il peint des sujets familiers où règne un certain mystère, un silence, tout en maîtrisant remarquablement l'art de la concision.

Ses scènes paraissent immuables, figées, intemporelles. Elles sont renouvelées par un cadrage inattendu (ici, une vue resserrée sur des champs et des toitures excluant le ciel et constituant un contraste entre lignes curvilignes et lignes brisées).

Parsy était installé depuis 1980 en région parisienne.

 

Jean PATTOU

né à Jeumont en 1940

Jean Pattou est architecte. Par son travail, il est proche des gens, les comprend, les écoute. Parallèlement, il pratique l'aquarelle : toujours attiré par les maisons de caractère et les monuments du Nord, il réalise des représentations inattendues de Lille.

La vue de la Villa des Roses de Bernard Claeys est surréaliste : la maison est bien là, minutieusement décrite, mais elle est en bordure d'un canal ; en témoigne le début d'une arche d'un pont à droite.

Une douce lumière rose met en relief les volumes de la maison, la lumière chaude du salon révèle la présence du propriétaire des lieux.

 

Édouard PIGNON

Bully les Mines,1905 - La Couture Boussey (Eure),1993

Le thème des combats de coqs est récurrent chez Pignon. Cruauté,cris, battements d'ailes... la couleur permet à ce grand admirateur et ami de Picasso de nous transporter au cœur de la réalité et le geste rapide révèle l'impatience du peintre à traduire son impression : au milieu des parieurs, il a assisté régulièrement à ces combats à Marles-les-Mines, avec ses carnets où des gouttes de sang venaient souvent les maculer. Pignon ne se considère pas comme un expressionniste mais comme un artiste expressif : "pour moi, l'expressionnisme est sentimental, tandis que l'expressivité ne l'est pas".

 

Marc RONET

né à Marcq-en-Baroeul en 1937

Ronet est un ancien élève de Dodeigne à l'École de Saint-Luc de Tournai, où il rencontre Leroy avec qui il va nouer une amitié indéfectible. Après les Arts Appliqués de Paris, il expose pour la première fois à la galerie Renar (1964) et est un des principaux acteurs (et sans doute le plus discret) du groupe de Roubaix. Sa peinture, évocation poétique du monde, reste subtile et harmonieuse. Montrer reste pour lui difficile etc'est après une longue observation que l'oeil devine cette ronde dynamique mais silencieuse de fillettes. Par une gestuelle efficace, Ronet va à l'essentiel des choses.

 

Jean ROULLAND

né à Croix en 1931

Roulland est un artiste expressionniste : ses figures montrent l'expression, le doute et le désespoir de l'homme... une sorte de prise de conscience de la réalité tragique de la destinée humaine.

Le dessin accompagne le travail du bronze, il est souvent autonome, non préparatoire à la sculpture.

Il travaille très vite pour que la pensée ne vienne pas polluer sa créativité. Souvent,ses visages présentent une calotte crânienne ronde incarnant l'esprit positif, et un menton anguleux, presque agressif, pour l'esprit négatif : ce ne sont pas vraiment des portraits, mais des représentations de l'âme.

 

Marie-Christine REMMERY

 

née à Steenwerck en 1962

Après des études aux Beaux-Arts de Tourcoing, Marie-Christine Remmery effectue un stage chez Roulland où elle apprend la technique de la fonte à la cire perdue : elle pratique elle-même la cuisson de ses bronzes et de ses terres cuites.

Elle vit depuis à Vieille-Église auprès de Jean Roulland qui est devenu son mari en 1998. Ses figurines sont souvent recouvertes de bandelettes comme des momies : l'artiste est fascinée par les découvertes de la vallée des Rois en Égypte et celles du Pérou en pays inca.

 

Arthur VAN HECKE

Roubaix,1924 - Hondschoote, 2003

Cette aquarelle est préparatoire à "La Mort du Capitaine Simon Rolland", grand tableau nouvellement acquis par le musée de Gravelines. Van Hecke a véritablement l'amour des êtres humains, des marins. Il est fasciné par la mer du Nord découverte grâce à Leroy. Il fera de nombreux portraits d'amis et de mécènes peints très rapidement. L'oeuvre est architecturée, le geste sûr, la touche expressive donne au modèle une présence exceptionnelle.Van Hecke est une figure majeure du groupe de Roubaix qui, loin d'être une école, est avant tout une histoire d'amitié entre artistes.

 
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