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Conseil municipal du 28 janvier 2021

Hommage

Le conseil municipal du  28 janvier s’est déroulé salle Malraux, dans le respect des gestes barrières, et a pu être suivi par vidéo sur les réseaux sociaux par la population en raison du couvre-feu. Avant d’entamer l’ordre du jour, essentiellement consacré à l’examen du budget 2021, Nicolas Bouche, maire, a fait respecter une minute de silence en hommage à Félix Hennache. Il a rendu hommage à ce Lambersartois décédé à 98 ans, seul survivant d’une journée marquée par le décès de ses camarades sauveteurs, le 3 septembre 1944.

Membre avec eux de l’équipe nationale de Lambersart créée pour porter secours aux victimes des bombardements, il a échappé comme eux le matin à une fusillade après avoir été mis en joue, des soldats SS les accusant d’avoir tué les soldats allemands qu’ils transportaient. L’après-midi, ses cinq camarades sont malgré tout repartis en mission alors que lui s’était absenté pour voir un ami. Ils ont été capturés pour servir de bouclier humain à Englos contre des tirs de la Résistance, puis ont été fusillés. Survivant miraculeux, Félix Hennache a épousé la sœur d’un de ses camarades, Jean Caloone, également fille d’un futur maire, Marcel Caloone. Elle est décédée il y a deux ans.

Vaccination

Nicolas Bouche a également tenu à faire un point sur l’implication de la commune dans la vaccination contre la Covid-19. Il a rappelé que, suite à la sollicitation de la Préfecture, la Ville avait proposé, en partenariat avec la Ville de Lomme, le rez-de-chaussée du centre Charles de Gaulle pour servir de centre de vaccination, une proposition enregistrée mais non retenue pour l’instant par la Préfecture. « En attendant, nous n’avons pas été inactifs », a souligné le maire. En effet, comme l’a détaillé Anne Ramon, conseillère municipale déléguée à la santé et au handicap, la Ville a été « facilitatrice pour les personnes âgées ou fragiles n’ayant pas internet ou pas de moyen de transport ». Notamment, le CCAS a été l’intermédiaire pour des prises de rendez-vous (160 demandes reçues, 39 créneaux trouvés) et a transporté à la date d’aujourd’hui 19 personnes vers un centre de vaccination grâce à la navette seniors.

Taux d’imposition maintenus

La première délibération financière concernait le vote des taux d’imposition. Ceux-ci sont maintenus, les mêmes depuis 2017 : 37,2 % pour la taxe d’habitation, 30,73 % pour la taxe sur le foncier bâti, et 43,53 % pour la taxe sur le foncier non bâti. Kacem Lemtiri, adjoint aux finances, a expliqué que la municipalité avait examiné l’impact d’une hausse du taux de la taxe foncière, comme l’avait demandé Pierre-Yves Pira, de la liste « Lambersart sociale, écologique et solidaire ». La municipalité a estimé que cette hausse, qu’elle soit seulement de 1% ou de 1 point, n’était pas négligeable. Si pour M.Pira, « la baisse de la taxe d’habitation relativise le coût de cette hausse de la taxe foncière », pour M.Lemtiri : « pourquoi pénaliser seulement les propriétaires qui se sont engagés dans un achat avec un emprunt, sans toucher les locataires qui peuvent être aisés et ne paieront jamais la taxe foncière ? » La liste de M. Pira a voté contre cette délibération.

Budget : les principaux éléments

L’adjoint aux finances a ensuite abordé le budget en lui-même. Il a rappelé les principes édictés lors du débat sur le rapport d’orientation budgétaire en décembre dernier : « Une politique de rigueur, de gestion plus fine et de lancement de projets, qui coûtent de l’argent ou sont le fruit d’innovations ». Il a signalé que de nombreux échanges avec l’opposition, « en toute transparence », ont précédé ce conseil municipal, avant de résumer le document dense fourni à tous. Le budget 2021 s’équilibre à 30,51 millions en fonctionnement et 3,89 millions en investissement. M.Lemtiri s’est attardé sur la nécessaire stabilisation des dépenses de personnel (57 % des dépenses de fonctionnement) et le travail effectué sur la baisse des charges à caractère général et sur l’enveloppe destinée aux associations. En dépenses d’investissement, 34 % sont destinés au remboursement de l’emprunt, 63% à des projets. Il a ainsi listé la pose de gradins salle Malraux, les travaux d’accessibilité des bâtiments, des réfections de classes, la réfection de la garderie Chaudoudoux, la rénovation d’un terrain synthétique, l’implantation de box à vélos, et la refonte du site internet. Deux autres projets dans le cadre de la transition écologique ne nécessiteront pas de dépenses, car financés par des certificats d’économies d’énergie d’entreprises : le remplacement des ampoules de l’éclairage public par des LED, et des travaux d’isolation thermique. L’adjoint a terminé par la dette, rappelant qu’elle était d’environ 16 millions au 1er janvier 2021.

Budget : le débat

Christophe Caudron, du groupe « Lambersart avec vous », a engagé les débats. Il a regretté le « catastrophisme » de la majorité, « c’est un peu sévère de dire que Lambersart vit au-dessus de ses moyens ». Il a relevé que le train de vie de la commune est, selon lui, inférieur aux villes de la même strate, que la dette par habitant est moins élevée. « Certes les agrégats se dégradent, c’est évident, mais c’est parce que nous avons moins de produits que les villes comparables, nous sommes fiscalement pauvres » et « parce que l’Etat a baissé ses dotations », a-t-il estimé. Pour lui, « globalement plus personne n’a une situation florissante et pourtant chacun prend des mesures de relance ». Il a rappelé les investissements « ambitieux » dans le passé, avec la rénovation du Pacot, mais aussi la reconstruction de l’école Pasteur, la réfection de la ferme du Mont-Garin. « En face des emprunts il y a de l’actif », « il y a des choses qui ont été bien faites », et pour l’opposant, « le verre n’est ni vide ni plein ». Il a dit son accord pour « serrer les dépenses de fonctionnement sauf pour les associations ». En investissement, Christophe Caudron aurait souhaité un emprunt d’un million d’euros, « qui stabilise la dette, ce n’est pas infâmant » car « l’investissement des collectivités, c’est ce qui fait l’économie ». Il a également demandé à M.Bouche son opinion sur le centre de surveillance urbaine intercommunal de La Madeleine, qu’il a visité, et réclamé le retour d’un plan pluriannuel d’investissement, « pour avoir une vision des projets ». Clotilde Scherpereel a également demandé si les gradins pour la salle Malraux seraient amovibles ou fixes et si engager 350 000 euros sur ce projet était vraiment une priorité.

Pierre-Yves Pira, du groupe « Lambersart sociale, écologique et solidaire », a donné son aval au « choix d’adapter les dépenses aux recettes », mais estime que « des solutions existent pour compenser la baisse des recettes ». « Vous faites le choix de ne pas activer le levier fiscal mais comment estimer qu’un tel budget d’austérité soit réaliste par rapport à la situation qui se dégrade pour nos concitoyens ? » Il s’est également inquiété de l’installation de gradins fixes salle Malraux « qui changeraient la destination de la salle », et a demandé « au service de quelle politique culturelle ces gradins étaient prévus ». Il estime que cet investissement de 350 000 euros aurait pu attendre qu’une « concertation » soit organisée ainsi qu’une « étude sérieuse », ce qui aurait permis « de redonner du souffle pour le social, l’écologie ou le fonctionnement d’associations qui auront besoin de faire bénéficier les familles les moins riches ». Il a également demandé « une réflexion globale sur le soutien aux associations en contrepartie d’un meilleur accès pour tous ». S’il a reconnu « les efforts pour gérer plus sainement les finances publiques », il a estimé que des secteurs complets sont à revoir, comme la petite enfance et la restauration scolaire, et auraient mérité le lancement d’études.

Nicolas Bouche, maire, a répondu aux questions. « Vous avez utilisé le terme budget d’austérité, ce n’est pas un budget d’austérité, c’est un budget réaliste. Il apparaît comme austère car auparavant on vivait au-dessus de nos moyens. La ville est moins endettée que des villes de la même strate mais sa capacité de désendettement est beaucoup moindre, nos dépenses en fonctionnement sont inférieures mais nos recettes aussi. Nous comptons remettre les choses d’équerre », a assumé le premier magistrat, qui a aussi souligné la recherche de solutions « qui coûtent zéro euro et touchent à la transition écologique sur des sommes importantes ». Sur le centre de surveillance urbaine, Nicolas Bouche a expliqué : « Bien sûr, le CSU a une utilité prouvée, mais Lambersart n’a pas les moyens d’avoir un CSU. Je regarde ça avec intérêt, comme tout ce qui se passe dans les autres villes, s’agissant des possibilités de mise en commun ». Concernant l’absence de plan pluriannuel d’investissement, il a expliqué : « C’est toujours très séduisant un PPI, mais nous souhaitons auparavant deux choses : associer les habitants aux grandes orientations, et avoir une vision financière claire ». Ajoutant : « Nous continuerons de tendre la main à l’opposition ».

Budget : des gradins salle Malraux

Le débat s’est ensuite attardé sur la question des gradins salle Malraux. Fouad Laoutid, adjoint aux travaux et bâtiments publics, a expliqué que le choix a été fait de gradins fixes, pour des raisons techniques et de coût : « On espère faire ces travaux rapidement pour permettre d’engager une saison culturelle dans de bonnes conditions quand les salles de spectacle pour rouvrir ». Un ascenseur, budgétisé sur la ligne accessibilité, est également prévu. « Nous avons regardé l’occupation de cette salle et trouvé des alternatives pour les manifestations qui nécessitent des surfaces planes, notamment au restaurant scolaire Watteau ». Chantal Cousin, adjointe à la culture, a expliqué la volonté de la municipalité « de lancer une saison de spectacles en intérieur, nous sommes pauvres là-dessus. Nous souhaitons accueillir un spectacle par mois ». Les gradins fixes doivent permettre « de meilleures conditions pour l’accueil du public, des artistes, des associations ». Elle suggère aussi la création d’un coin convivial autour du bar dans le hall d’entrée. « Ce projet est un geste très fort pour la culture ». Elle a souligné enfin que d’autres lieux existent pour des expositions : salle Watteau, salle du Pré Fleuri, centre Charles de Gaulle, ferme du Mont-Garin… « C’est une question de répartition nouvelle ». Alors que Christophe Caudron a déploré que « cette salle polyvalente » soit « dénaturée », Pierre-Yves Pira a remarqué ne pas trouver trace de la programmation culturelle dans le budget. Les deux groupes d’opposition ont voté contre ce budget et Nicolas Bouche a remercié les élus et surtout les services pour « le très gros travail » accompli en peu de temps.

Demande de subventions

Le conseil municipal a voté des demandes de subventions pour les box à vélos, l’achat de gilets pare-balles et de caméras piétons pour les policiers municipaux, l’aménagement de la salle Malraux, la mise en accessibilité et la rénovation thermique de bâtiments, et le site internet. La plupart de ces demandes sont faites dans le cadre du plan de relance du gouvernement.

Subventions aux associations

La dernière délibération d’importance concernait les subventions aux associations et a fait l’objet d’un vif débat. Ces subventions sont en baisse de 105 215 euros par rapport à 2020. Pascale Lucot, adjointe aux associations, a souligné le rôle très important des associations dans la vie lambersartoise mais rappelé la combinaison d’une situation financière difficile et d’une situation sanitaire entraînant des annulations de dépenses pour les associations, d’où le réajustement des subventions. Elle a signalé l’interruption des conventions triennales d’objectifs avec d’importantes associations « suite à la situation sanitaire ». « Nous renouvellerons ensuite ce genre de convention ». L’adjointe a aussi affirmé la volonté de la municipalité de « faire revivre le conseil des associations ». Sur la réduction des subventions, elle a expliqué que les montants avaient été décidés après « l’étude de dossiers complets » mentionnant « les activités réelles ». « En aucun cas il ne s’agit de coupe sèche ni de sanctions mais d’un ajustement par rapport à une situation inédite ». Elle a relevé qu’un effort important a été demandé à certaines associations disposant d’une trésorerie élevée. « J’ai proposé à chacun des présidents rencontrés de faire un point dans 6 mois pour évaluer d’éventuels besoins supplémentaires ».

Pierre Reynaert, du groupe « Lambersart avec vous », a regretté ce budget « d’austérité » pour les associations. « Qu’il faille un regard critique, qu’il y ait eu moins d’activités, oui, mais c’est une double peine en cette période pour des associations qui sont entre le marteau et l’enclume, avec des adhérents qui demandent des remboursements et des investissements obligés dans du matériel sanitaire ». Pour lui, « les conséquences seront lourdes ». Il a regretté une baisse de 15% en moyenne de toutes les subventions dans le cadre des engagements triennaux, et l’écart de traitement entre les associations, avec des baisses variant « de 2 % à plus de 20 % ». Le groupe « Lambersart sociale, écologique et solidaire », a demandé que « le versement des subventions soit conditionné à des objectifs de démocratisation en matière d’accès », et la création d’une commission de réflexion avec les trois groupes politiques du conseil. Mme Gilleron s’est également interrogée : « Comment avoir l’assurance que les subventions remontent après la crise sanitaire ? »

En réponse, Pascale Lucot a expliqué : « On n’a pas fait une moyenne, on a étudié au cas par cas les dépenses réelles et les recettes réelles », tandis que Thomas Hubert, adjoint au sport, a estimé que l’effort le plus important a été demandé aux associations sportives qui ont de grosses sommes sur leur compte, « des fonds de roulement de plus de 2 ans ». Enfin, Nicolas Bouche, maire, a reconnu qu’il y avait « un travail à mener sur l’orientation des subventions », mais « sans alourdir le travail des associations ». « Une subvention n’est pas automatique, elle doit avoir du sens. Les années suivantes, on reviendra à des subventions en relation avec la réalité des activités. On demande juste aux associations de partager l’effort. Certaines associations qui géraient bien peuvent faire face à l’effort, d’autres non, c’est un travail de dentelle ». Sur cette délibération, le groupe « Lambersart sociale, écologique et solidaire » s’est abstenu, le groupe « Lambersart avec vous » donnant son approbation « pour marquer son soutien aux associations ».

Pollution sonore de la rocade

Deux questions orales ont été posées par Pierre-Yves Pira et son groupe. La première concernait la pollution sonore de la rocade en lien avec le projet immobilier (immeubles et maisons) sur le site de la ferme Masschelein, rue de Lompret : « La pollution sonore y est identique à celle d’une autoroute, que comptez-vous faire auprès de la MEL pour que la couverture du tronçon soit envisagée ? » Nicolas Burlion, conseiller municipal délégué à l’urbanisme, a signalé que le promoteur prévoyait un traitement acoustique très important et que la construction des nouveaux immeubles avait un effet phonique bénéfique sur les logements existants. S’agissant de la rocade elle-même, il a listé les rencontres passées et à venir avec la MEL, et détaillé les solutions, de la plus simple à la plus compliquée à mettre en oeuvre : en premier lieu « la réduction de la vitesse de 90 à 70 », ensuite « la pose d’un enrobé phonique », enfin la création d’un mur anti-bruit, la couverture du tronçon semblant trop complexe et coûteuse, et donc trop longue.

Incivilités au Pacot-Vandracq

Héloïse Gerber, adjointe à la démocratie participative et à la prévention, a quant à elle répondu à une question sur « la dégradation de la situation au Pacot-Vandracq », avec une montée de l’insécurité due « aux tirs de mortier, aux bruits, aux incivilités, aux dégâts… ». « Il y a en effet une tentative d’appropriation du quartier par un petit groupe de jeunes, qui est allée crescendo. Il s’agit de plusieurs jeunes majeurs mais surtout de mineurs », a-t-elle relaté, déplorant « un manque de prévention spécialisée sur le quartier ». Aussi, après avoir interpellé le Département pour obtenir des éducateurs de rue, la Ville a transformé la cellule Ville-police en cellule de veille sécurité-prévention incluant de nombreux partenaires sur le quartier. Ce « lieu d’analyse, d’échange et de coordination » se réunit une fois par mois. « Il a fallu identifier les jeunes, la Ville a fait des propositions éducatives, les parents de 5 jeunes ont été convoqués en mairie… Après un mieux lors des vacances de Noël, les incivilités ont repris et à chaque fois, les parents ont été prévenus, des plaintes déposées. Nous menons aussi un travail de soutien auprès des habitants pour qu’ils appellent le 17 à chaque fois, il faut des passages de la police en temps réel. » Nicolas Bouche a renchéri sur cette nécessité, ajoutant : « Ce n’est pas Chicago mais une frange de jeunes prend un mauvais chemin. On ne lâche pas un pouce de terrain ».

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