Au Colysée du 20 janvier au 7 avril 2024, du mercredi au dimanche, de 13h à 18h

BLOOM !* explosion végétale est le fruit d’un appel à participation lancé par l’Atelier 2 autour de la thématique « botanique » auquel le Colysée s’est joint, tout comme sept autres lieux culturels de part et d’autre de la frontière franco-belge : Sensitropes - Villa M, la Ferme d’en Haut, la ville de Villeneuve d’Ascq, l’Ecole d’Art de Douai, la Maison Folie du Fort-de-Mons, le Centre Culturel Het Perron d’Ypres (Belgique) et le Centre Culturel de Comines-Warneton (Belgique).

230 artistes ont répondu à cet appel, prouvant s’il le fallait que le sujet est au cœur des préoccupations de nos contemporains. Nous en avons retenu 17 aux pratiques très variées, allant de l’installation à la peinture en passant par la broderie, la céramique, le multimédia et la gravure... Leurs travaux célèbrent le monde végétal, merveilleux et puissant mais fragilisé par la suractivité humaine ; ils nous invitent à contempler et prendre soin.

Nous accueillons donc Alfonse, Paul et les autres, Benoît Billotte, Stéphanie Cailleau, Aurélie Carlier, Marie Charpentier, Camille Cornille, Aliette Duroyon, Julie Gaubert, Louise Gros, Marjolein Hessels, Audrey Keller, les Yeux d’Argos, Carole Marchais, Raphaëlle Peria, Caroline Pholien, Marie-Edith Robinne, Yuen Yeung Fun.

En contre-point, vous trouverez au rez-de-chaussée l’exposition Ar(t)borescence des artistes amateurs du CATTP (Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel basé à Lambersart).

Et comme d’habitude, une programmation d’ateliers, de visites, promenades et spectacle est proposée tout au long de l’exposition.

Un projet soutenu par le réseau des Fabriques culturelles de la MEL.

* « bloom » signifie « floraison » en anglais

Stéphanie Cailleau

Fille d’agriculteurs, le travail artistique de Stéphanie Cailleau ne cesse de questionner son rapport à la nature.

Les liens intimes que nous entretenons avec le végétal sont au coeur de sa dernière installation « Sortie de terre ».

Pour ce projet, elle part de vêtements aux motifs floraux, représentations idéalisées de la nature, puis elle coopère directement avec les végétaux en faisant pousser des racines dans les fibres textiles des robes, puis des mousses des bois.

Une métamorphose de la matière s’opère alors et des silhouettes mi-naturelles mi artificielles apparaissent, convoquant l’imaginaire du fantôme et nous rappelant à notre fragilité et notre interdépendance aux autres vivants.

Marie Charpentier

Peintre et dessinatrice au sein de l’atelier collectif ONZEBOX à Lille, Marie Charpentier utilise la peinture pour transporter les scènes dans un imaginaire plus libre, où règne l’étrange.
Dans un environnement énigmatique, oscillant entre réalisme et surréalisme, une flore singulière se déploie, nourrie d'anomalies morphologiques, chromatiques ou proportionnelles.
Proie à des mutations discrètes, la flore telle que nous la connaissons est probablement vouée à disparaître. Ainsi ces spécimens végétaux ici personnifiés par les compositions, prennent le rôle de témoin d'un écosystème mutable. Cette série évolue vers des points de vue plus variés, au ras du sol, en hauteur, ou rapprochés, révélant des détails d’une vision hors du champ humain.

L’artiste et le botaniste, tous deux observateurs, proposent une conception du vivant. Comprendre pour représenter et représenter pour comprendre.

« Les survivants » propose une forme intermédiaire entre l’étude naturaliste et une interprétation picturale suscitant une confusion surréaliste.

Le réalisme de la peinture n’est là que pour servir le trouble.

Marjolein Hessels

Les plantes ont rendu la vie possible sur Terre. Ce sont des êtres intelligents capables de ressentir, de communiquer, d’orienter et de se souvenir.

Pour Marjolein Hessels, en plus du corps physiquement tangible, la plante a également des corps invisibles. Ses portraits de plantes transforment les propriétés invisibles de la plante sur le fil de soie.

Avec ce fil, elle brode le portrait de la plante, en utilisant, entre autres, des dessins scientifiques du système racinaire de la plante.

Les dessins représentent le monde physique que nous connaissons et les couleurs que la plante donne au fil (par infusion et teinture) représentent le monde non matériel que nous découvrons.

Marjolein Hessels est médecin et artiste. Elle vit et travaille à Amsterdam.

Yuen Yeung Fun

Le flux de la rose

A l’extérieur de ma maison, j’ai planté les roses dans un petit endroit. Je dessine et je peins mes roses du printemps à l’automne, c’est une habitude depuis 5 ans. Il y a six variétés différentes, je les ai choisies selon leurs pétales et couleurs. Chaque rose est unique dans ses courbes, elle attire mon regard de tous ses côtés. Je me laisse porter dans les ondulations de pétales, la rose m’emmène en profondeur. Quand je reviens en surface, la couleur me semble irréelle...
Je compose plusieurs roses dans une toile en triptyque, elles s’associent, se croisent. Selon le flux des lignes, les nouveaux espaces s’inventent dans la composition.

 

Audrey Keller

Audrey Keller est arrivée au textile en cherchant à quitter le multiple de la gravure au profit de l’estampe unique.

En brodant, en rehaussant la gravure par la broderie, l’estampe devient unique et questionne.

Cette installation : « Microcosmes » se veut le témoin d’une époque où l’écoanxiété gagne chacun de nous et où l'observation de l'infiniment petit de la nature nous permet encore de nous enthousiasmer.

Le tambour brodé attire l’oeil et invite le spectateur à observer un univers, un petit monde fragile.

L’ensemble quant à lui crée un univers pluriel selon l’angle par lequel le spectateur l’observe.

Ces microcosmes fragiles, en rotation, en communication, se répondant les uns aux autres.

Benoît Billotte

Diplômé de l’École supérieure d’art de Metz et de la Haute école d’art et de design de Genève, Benoît Billotte a participé à de multiples expositions collectives et personnelles, et alterne travail en atelier et périodes de résidence, aussi bien en France qu’à l’international.

Son œuvre se fonde sur le dessin, la ligne étant appréhendée tant dans la qualité de trace, de limite, d’objet que de surface – modulable, transformable, adaptable, et se développe en installations de plus en plus complexes.

Tel un arpenteur, Benoît Billotte collecte les informations et les ressources documentaires qui nous entourent.

Traduites en statistiques, cartes, plans, architectures, dessins scientifiques, il révèle alors les diverses formes de propagandes douces dans lesquelles nous évoluons.

Il vit et travaille à Genève et à Metz.

Aliette Duroyon

Aliette Duroyon attire notre attention sur la potentialité artistique du matériau réapproprié et son adhésion dans le monde de l’art comme œuvre à part entière.

Sa sérialité et ses déclinaisons infinies, qui ne s’avouent pas comme telles, sont soumises à notre appréciation. C’est un véritable jeu d’opposition de la fonctionnalité et l’inutilité, du pérenne et de l’éphémère. Cette désorientation sensorielle participe au questionnement du cycle du vivant et son devenir.

« Il s’agit pour moi de cueillir la nature, admirer ce que l’on rejette, immortaliser ce qui va disparaître, en extraire la beauté. » 

Magnifier les éléments naturels a toujours été une ligne conductrice dans son parcours.

Son attrait pour la nature, la mer en particulier, et le reconditionnement esthétique de ses fragments, la rapproche du Land Art et de l’Arte Povera.

L’artiste a commencé à ramasser les chardons qui jonchent les abords du Fort du Vert Galant et les rives de la Deûle à Wambrechies, en 2022. C’est une continuité de sa démarche artistique puisque cela fait 15 ans qu’elle récolte des coquillages, des algues, des écorces... Symboliquement, le chardon porte l'image de la vertu protégée par ses piquants, mais c’est davantage le symbole d'austérité, la figure du virus, la question de la vie et de la mort qui est questionnée ici.

Julie Gaubert

Originaire de Marseille, Julie Gaubert est diplômée avec félicitations de l’École Supérieure d’Art du Nord-Pas-de-Calais. Sa pratique est protéiforme (installation, sculpture, vidéo, performance, sonore…) et intervient souvent dans l’espace public.
Elle aime proposer des moments déviants qui interpellent le quotidien. Tenter de proposer des instants poétique et politique pour désarçonner nos habitudes et manières de penser. Se dire qu’il y a de l’espoir, qu’il est encore temps de résister. Donner du temps à ce que nous rêvons.

Mauvaises graines 
Plantes délaissées, sur les bords des trottoirs et des routes, avec comme compagnie déchets et pots d’échappements : les orties résistent. Mieux : elles assainissent les sols. Présentes à toutes les saisons comme en dehors du temps, vivaces et robustes, elles s’adaptent, guerrières des temps hostiles. 
L'installation extrait celles qu'on appelle mauvaises herbes pour tenter d’en prendre soin, d’en comprendre l’importance, voire les admirer dans l'espace d'exposition. Sont-elles encore sauvages ? Métaphore de luttes sociales, peut-on cultiver nos luttes ? 
Pourtant enfermées, en gestation, attendent-elles de briser la vitrine ? Ou est-ce une culture, aux allures illégales, d’espoirs de résistance ? 

Carole Marchais

Carole Marchais créé des installations in situ éphémères et des assemblages, inspirés de notre environnement quotidien. Une enfance contemplative en milieu rural, une formation universitaire en géologie puis en aménagement ont façonné son regard.

Son travail s'est construit autour d'expériences de résidences, et est indissociable de la rencontre avec un lieu. Le paysage et le végétal y occupent une place prépondérante. Les thèmes de la fragilité, de la transition, de l'impermanence en tissent la trame.

Les mélancolies végétales s'intègrent à un ensemble plus vaste de recherche artistique amorcée en 2018. Si nous devions projeter le souvenir que nous pourrions garder de notre monde, des entités qui le composent et qui nous sont précieuses mais dont nous pourrions contribuer à menacer l'existence,  que garderions nous ?

Il y a dans ce processus de témoignage d’une forme que l’on pourrait perdre, l'idée d'une reconnaissance, et par celle-ci peut-être une première étape de prendre soin.

Louise Gros

Née en Bourgogne en 1988, Louise Gros est une artiste imprimeuse spécialisée en taille-douce et lithographie. Inspirée par la nature, elle traduit le monde végétal et minéral pour rendre visibles leurs détails les plus dissimulés. Après avoir été diplômée de l’École Supérieure des Arts de St-Luc de Liège, elle a parcouru les ateliers d’art imprimé en Europe et au Canada afin de poursuivre sa formation auprès d’artistes confirmés et de découvrir différentes techniques et organisations d’ateliers. De retour en France, elle a passé deux années à l’Atelier aux Lilas pour la Typographie et l’Estampe avant d’ouvrir son propre lieu : un espace d’échange et de création dédié à la création, la promotion et la diffusion en art imprimé.
Passionnée de poésie, elle organise et participe à de nombreux échanges interdisciplinaires. Elle publie, en 2023, son premier livre, « Ellipses », en collaboration avec le poète québécois Philippe Chagnon, aux Éditions du Noroît.
La série présentée "Any tree for a totem, any rock for an altar" détaille l'écorce d'un vieil Eucalyptus, fréquenté depuis l’enfance et dessiné au fur et à mesure des années.

Caroline Pholien

Céramiste, vit et travaille à Liège (Belgique). 

Depuis 1999, Caroline Pholien exerce en tant peintre en décor du patrimoine et doreur sur de nombreux chantiers en Belgique et à l’étranger.

Je traite du reptile, de l’insecte, de grouillement, d’objets perdus, désuets, de jeux d’enfants, de nature et de folklore. Ma recherche est liée à la projection poétique et fabuleuse d’une croyance ou d’un désir, avec la volonté d’y insuffler humour et enchantement à travers des éléments emprunts d’une nature fantasmée.
De petits bouquets, de bénitiers aux majestueux arbres à clous, ce qui m’intéresse c’est l’intime, la trace de la mémoire.

Raphaëlle Peria

Raphaëlle Peria utilise l'image photographique comme support pour mener un travail de l'ordre du dessin. Depuis quelques années, elle développe une technique de grattage dont elle se sert pour faire apparaître de nouvelles formes et révéler les éléments de la photographie qui sont les plus évocateurs du sujet qu'elle approche. Les paysages, les éléments naturels et les écosystèmes sont au cœur de sa démarche artistique.
Ses œuvres composent ici un milieu à la fois fragile et fascinant. Par son approche d'action directe sur son support, l'artiste dévoile un état d'un milieu naturel qui s'altère au fur et à mesure.
Lauréate de plusieurs Prix, elle est représentée par la Galerie Papillon (Paris).

Hopea Odorata
Koh Ker, ex capitale khmère est aujourd’hui un ensemble de ruines enfouies sous la végétation dans le nord du Cambodge. Son nom signifie «bouquet de Hopea Odorata». L’hopea odorata est une plante aux fleurs jaunes parfumées menacée d’extinction dans la nature.
En avril 2017, Raphaëlle Peria part à la recherche de l’Hopea odorata dans la jungle autour des ruines. Ce voyage est une quête vers la disparition, une recherche de l’infra-mince qui pourrait subsister au temps et aux destructions de l’Homme. Sur place elle n’a trouvé nulle trace du spécimen mais un ensemble d’histoires autour de la plante, un manque et de nombreuses photographies.

Aurélie Carlier

Graphiste et photographe de formation diplômée de l’Institut St Luc de Tournai, des Ateliers de la rue Voot, et de l’École de Recherche Graphique (Erg) à Bruxelles, Aurélie Carlier s’est formée à la céramique depuis 2015.

Nourrie du Kitsch, du Rococo et de la Pop Culture, elle réinterprète, en céramique, le champignon polypore, aussi appelé Amadouvier.

Ces champignons vivaces apparaissent sur les arbres morts ou affaiblis et ils ne cessent de grandir chaque année. Elle les retourne et les détourne volontiers. Le support est autonome, devenant objet et œuvre.

La céramique grimpe sur les murs et offre un récit coloré et fantastique.

Son œuvre peut aussi être vue comme une métaphore ludique de notre nature qui disparaît sous la main de l’homme.


 

Alfonse, Paul et les autres

Artiste solo masqué derrière une appellation plurielle, Alfonse, Paul et les autres développe une pratique du dessin et de l’installation qu’il assume en tant que collectif fictif ou sous les noms d’Alfonse Dagada, Paul Martin ou Justin Saxe. L’artiste mobilise ce jeu sur les identités pour décloisonner des imaginaires stéréotypés grâce à un travail de réinterprétation graphique d’images hétérogènes. 

Ainsi, se croisent, dans des séries de dessins au crayon de couleur et dans des installations exubérantes, imagerie kawaï, images d’illustration commerciales ou didactiques.

Cette pratique prolifique dont les ramifications ne cessent de se complexifier interroge les rapports de pouvoir qui se nouent à travers notre relation aux flux d’images que nous recevons quotidiennement via nos terminaux numériques. Il présente ici Vivarium.

L’installationmet en scène des représentations de végétaux réalisées d’après des planches de botanique et des produits de consommation utilisés pour la décoration d’intérieur qui invite à réfléchir sur la marchandisation.

Marie-Edith Robinne

Marie-Edith Robinne expose dans des lieux institutionnels depuis une quinzaine d’années. Depuis 2020, son atelier se situe dans des tiers-lieux, avec la volonté de se situer au cœur d’un univers prolifique où se côtoient artistes, associations engagées dans l’écologie, la biodiversité ou le genre, entreprises d’insertion, artisan.e.s.
Elle explore le papier sous toutes ses formes, s’amuse à des recherches plastiques en roue libre, avec la joie enfantine d’inventer, de trouver des solutions, de se laisser surprendre... et de souffrir de déception.
Ses territoires sont des textes visuels d’une exploration qui se déploie en fonction de sa vie, de son expérience au monde. Pliés, fermés, ils se déplient, se découvrent, s’étalent au gré de celle.celui qui les contemple. Ils donnent à voir sans rien dévoiler, ils racontent sans ébruiter.

Les Yeux d’Argos

Les Yeux d’Argos est un collectif lillois qui regroupent artistes, créateurs et techniciens professionnels, parfois aussi amateurs et bénévoles pour réaliser ensemble des créations d’arts visuels et nouveaux médias. Leur travail est axé sur la valorisation des patrimoines urbains et industriels de la région Hauts-de-France ainsi qu'à la valorisation des patrimoines naturels via des œuvres interactives mêlant bois, papier et technologie vidéo de pointe .

Le collectif nous présente sa dernière création : Fabularbre.
Fabularbre est composé de 4 dioramas qui représentent un arbre et son environnement. Il s'agit de l'eucalyptus arc-en-ciel (des Philippines) l'acacia "à boutons épineux" du sud de l'Afrique, l'épicéa et le bouleau d'Europe et la Vigne sudaméricaine. 
Tous les dioramas sont interactifs.