Exposition en plein air à voir jusqu'au 17 décembre sur les grilles du parc des Charmettes, avenue de Verdun

Pour sa 3e participation au Printemps de l’Art Déco, Lambersart met en lumière des quartiers, des écoles et des habitations moins clinquants au premier regard mais qui valent plus qu’un coup d’oeil.

Le patrimoine Art Déco est important dans la région du fait d’une guerre. “La der des der”, comme on disait dans les années 20, a détruit la moitié nord de la France, parfois jusqu’à 90 % comme à Lens ou Saint-Quentin, parfois moins.

À Lambersart, c’est 10 % de la ville qui a été détruite. La reconstruction doit donc beaucoup à l’Art Déco et sa sauvegarde aujourd’hui est assurée par le SPR (Site Patrimoine Remarquable). L’Art Déco est le dernier style glamour en architecture. De tradition raffinée, il devient géométrique et économique et la construction est aussi à vocation sociale. L’exposition en plein air, du 1er avril au 1er octobre, est répartie sur trois sites : la Cité familiale, une cité jardin; les écoles publiques et dispensaire de Canteleu; la Cité mutualiste et l’école Samain du Canon d’Or.

La cité familiale

C’est la Société Lilloise des Cités Jardins dirigée par Eugène Duthoit qui est à l’origine de la création, par les architectes Paul et Michel Vilain, de la Cité familiale.
L’idée était de loger des familles nombreuses à la campagne. La cité pavillonnaire, également appelée “la paroisse aux mille enfants“, voit le jour entre 1929 et 1942. On n’entre pas dans le quartier sans être attiré par la façade “Café familial”, rue de Lompret, à la calligraphie remarquable sur des pignons en faux colombage. Dans le quartier, sur les pavillons, les briques contrastent avec le ciment peint et jouent en maçonneries géométriques. On peut aussi apprécier la maison du curé rue Levasseur et son décor de Jean-Baptiste à l’agneau. L’église a été détruite en 1998. L’entrée de l’école Sainte-Thérèse est également remarquable avec son élégante porte aux formes géométriques, son fronton et ses ferronneries

Canteleu

Dans le quartier de Canteleu, l’exposition se concentre essentiellement sur les écoles et le dispensaire. Une première école voit le jour en 1878 rue Abbé-Desplanques, et se transforme à partir de 1927 en dispensaire de santé sous l’impulsion de Louis Nicolle, ancien maire de Lomme et futur ministre de la Santé. On y soigne la tuberculose. La facture est classique, mais la briquette et les enseignes sont d’inspiration Art Déco. Les écoles Victor-Hugo, Maintenon et Lanoy-Blin sont aussi le fruit de l’Art Déco, notamment la verrière aux dessins floraux et géométriques de l’école maternelle rue des Martyrs-de-la-Résistance, oeuvre de Jean Laurant, qu’il réalise chez lui, 4 rue Vaillant.

Bourg et Canon d’Or

Ici, l’exposition met en lumière la Cité Mutualiste, soit la partie basse de l’avenue du Maréchal-Leclerc
et les rues adjacentes, ainsi que l’école Albert-Samain place de la République. Le lotissement mutualiste a été voulu par les maires Henri Delécaux et Georges Petit. Naissent ici les maisons d’employés “type 1930” répondant à la loi Loucheur d’Habitations à Bon Marché (HBM), où les frises de briques et les ferronneries animent les façades. En 1929, l’hôtel des postes est terminé, la construction de l’école Samain avec son pignon flamand remarquable débute mais aussi celle de l’hôpital mutualiste qui deviendra une caserne CRS en 1958.